
Florence nous plonge à travers son expérience dans les vies de personnes en difficultés d’emploi et de revenus. Dans cette réalité dure de ceux qui ont du mal à terminer les fins de mois. De ceux qui veulent bosser, mais qui ne trouvent pas leur place dans ce monde tel qu’il est. On vit, on vivote, on espère, on accepte tout.
J’ai aimé
Plongée glaçante. On ne parle pas de nombres, de statistiques, ni de gens inconnus, mais de personnes, de noms, de parcours de vie. On parle de contexte, du vrai vécu, celui qui parle des sensations, du froid, du message sonore en fond, des difficultés réelles, celles qu’on ne peut que vivre pour les rapporter. L’étape suivante serait de soi-même vivre cette expérience.
Enfin quelqu’un prend le temps de raconter ce réel tel qu’il est vécu par tant de silencieux anonymes. Car comment le raconter lorsqu’on est pris dans ce système qui ensorcelle.
L’écriture est fluide, simple, elle ne veut pas impressionner, laissant toute la place au sujet principal de ce livre : la misère humaine la démerde.
J’ai moins aimé
Il est toujours difficile de ne pas imaginer Florance Aubenas dans cette situation, se disant que pour elle, dans quelques mois, elle retrouvera Paris et son mode de vie confortable. La limite est bien gérée, le discours est toujours très humain. Et elle en parle de cette dissonance, elle l’accepte et cette dernière, ainsi que les interrogations font également partie du récit. Cette gêne que j’ai dû gérer tout le long du récit, elle l’a vécu… Et puis, n’est-ce pas là le miroir de ma propre situation de lecteur, confronté à la misère, voyeur encore plus dans le confort ?
Mon avis, mes pensées sur le sujet
Merci d’avoir donné la voix à ce monde qui n’en a pas. Tous ces vécus, qui semblent si loin quand on ne les fréquente pas. Ça nécessitait un vrai talent que de les faire s’exprimer, mais surtout une humanité sincère. Parceque quand on est dedans, là, dans le froid à attendre le ferry, ce n’est pas là que l’on va écrire. Ni même quand on rentre le soir.


Une plongée éthérée dans cet espace infini
Reproduction en peinture (la photo ne rend pas justice à l’œuvre)